Pilier de l’aquaculture vietnamienne, la filière du poisson-chat rayé (pangasius) fait face à de profondes menaces liées aux effets du changement climatique, et notamment l’intrusion saline croissante.
Pour proposer une réponse à ces menaces, le projet vise à renforcer la durabilité de cette filière dans le delta du Mékong, une région particulièrement affectée par le changement climatique. Pour cela, il entend consolider les capacités scientifiques, techniques et socio-économiques des acteurs de la chaîne de valeur, tout en poursuivant les efforts de sélection génétique amorcés dans le projet précédent PANGAGEN.

L’un des objectifs majeurs est de développer une deuxième génération de poissons génétiquement améliorés à partir des géniteurs G1, et d’analyser leurs performances en matière de résilience, qualité de chair et résistance aux maladies. Ces connaissances alimenteront à la fois la recherche fondamentale et les pratiques d’élevage.
En parallèle, une évaluation socio-économique sera menée pour mesurer la perception, l’adoption potentielle et l’impact économique de cette nouvelle souche auprès des fermes et autres maillons de la filière, dans un contexte de salinisation croissante.
Le projet prévoit également des actions de diffusion du poisson amélioré, accompagnées par des scientifiques et des techniciens, et le renforcement du partenaire académique (Can Tho University), via la formation de doctorants qualifiés pour accompagner durablement les acteurs de l’aquaculture au Vietnam.
A terme, souligne Frédéric Farnir, coordonnateur belge du projet, "le projet doit apporter une solution d'adaptation du pangasius aux conditions d'environnement, qui évoluent actuellement vers une diminution de l'apport d'eau fraiche et une augmentation de la salinité, ces phénomènes étant dûs au changement climatique d'une part, et aux aménagements faits dans les pays traversés par le Mékong d'autre part. Outre le fait de permettre de capitaliser sur les progrès génétiques réalisés lors des générations précédentes de sélection, l'approche génétique permet également de conserver les pratiques et installations utilisées précédemment - seuls les lignées de poissons évoluent -, ce qui était souhaité pour permettre à tous les membres de la chaîne de valeur, et en particulier les plus fragiles, de conserver leur activité et leurs revenus".




Photos : Dao Minh Hai