Un habitat innovant, durable et non polluant en phase avec les objectifs du Vietnam en matière de neutralité carbone.

En développant une brique compressée non cuite, l’Université de Liège et la Phenikaa University du Vietnam répondent aux besoins de la population et contribuent aux engagements du Vietnam à atteindre la neutralité carbone d’ici 2050.

Au Vietnam, le logement constitue une condition essentielle pour permettre aux populations montagnardes et aux minorités ethniques de se sédentariser et de se tourner vers l’agriculture. Cette transition favorise une amélioration durable des conditions de vie et contribue à la réduction progressive de la pauvreté.

Dans ce contexte, le projet porté par Nathalie Fagel (Université de Liège) et Nguyen Quoc Dinh (Phenikaa University) vise à développer des briques compressées non cuites à partir de matériaux locaux.

Ce procédé présente plusieurs avantages majeurs : il permet de réduire considérablement la consommation d’énergie liée à la cuisson et au transport des matériaux, tout en limitant les émissions de gaz à effet de serre. Il contribue ainsi à améliorer à la fois la santé et les conditions de vie des populations locales.

Fagel

En effet, les matériaux de construction jouent un rôle significatif dans la pollution environnementale. Il est estimé que la production d’un milliard de briques rouges standard (cuites) nécessite environ 150 000 tonnes de charbon et génère près de 0,6 million de tonnes de CO₂, participant ainsi de manière importante à l’effet de serre.

Pour Nathalie Fagel qui assure la coordination de cette recherche avec Nguyen Quoc Dinh (Université Phenikaa), « les techniques de construction en terre comprimée représentent une solution architecturale pour améliorer le développement rural grâce à des activités économiques durables et inclusives mais également pour réduire l'empreinte carbone liée à la production de matériaux de construction. Diverses solutions techniques seront testées afin d'améliorer la durabilité des maisons en pisé. Les résultats pourront servir d'exemple pour d'autres initiatives de constructions naturelles accessibles à d'autres communautés rurales. »

Un laboratoire qui tire le meilleur parti des ressources naturelles

Le laboratoire AGEs (Argiles, Géochimie et Environnement sédimentaires) de l'Unité de recherche en géologie de l'ULiège est spécialisé dans la caractérisation et la valorisation des ressources naturelles, en particulier des argiles. Les briques en terre crue sont fabriquées en mélangeant des sols locaux avec de l'eau (10 %) et des proportions variables de ciment (0-15 %) et de polymères (0,25 %), puis compressées à l'aide de presses afin d'obtenir des propriétés de résistance mécanique suffisantes pour la construction.

Fagel

La contribution de l’équipe de recherche l’Université d'ingénierie civile de Hanoï et de l’ULiège vise à déterminer la composition minéralogique des sols locaux afin d'optimiser les formulations et de minimiser l'utilisation de matériaux importés (ciment, polymère), voire de les remplacer par des matériaux naturels (végétaux) disponibles localement.

Une innovation au bénéfice de la neutralité carbone

Lors de la COP26 (Glasgow, 2021), le Vietnam s’est engagé à atteindre la neutralité carbone d’ici 2050. Le projet s’inscrit pleinement dans cette dynamique, en contribuant à la réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) et à la réalisation des Objectifs de développement durable.

Innovant et durable, le projet a été récompensé le 12 décembre 2025 par le Grand prix UE-Vietnam Sustainable Design Awards, qui distingue des initiatives repensant les matériaux de construction tout en répondant aux besoins locaux.

Voir le reportage de Vietnam Today (avec interview de Nguyen Quoc Dinh à 1’15’’) : : ici 

« Actuellement, une dizaine de maisons individuelles ont été construites avec l’aide des populations locales, poursuit Nathalie Fagel. La technique de fabrication des briques est très simple, elle peut être facilement réalisée sur place en utilisant de petites presses mécaniques manuelles et portables. L’aide des populations locales permet de réduire les coûts de production. Une maison de 20 m² coûte quelques milliers d’euros. »

Innovation belge au Vietnam

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Début 2026, Monsieur Karl Van den Bossche, ambassadeur de Belgique au Vietnam a pu constater l’impact du projet en remettant les clés d’une maison à l’un des bénéficiaires. Très concrètement, cette maison en briques crues permet de réaliser des économies substantielles tout en réduisant significativement les émissions de CO₂. L'ambassadeur s'est dit « fier de voir que la technologie belge peut avoir un impact pratique et positif sur la vie des gens au Vietnam.»

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Crédit photos : Nathalie Fagel et Ambassade de Belgique au Vietnam

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