Accélérer la prise en charge des AVC, un défi médical relevé par l’UMONS et l’université de Douala.

La prise en charge des accidents vasculaires cérébraux est une course contre la montre. A Douala, des chercheurs de l’UMONS et de l’Université de Douala collaborent pour mieux informer la population et, surtout, améliorer le circuit du malade et sa prise en charge neurovasculaire une fois à l’hôpital.

C’est un tournant pour la neurologie à Douala, la capitale économique et le principal centre d'affaires du Cameroun.  Le projet que développent Lionel Paternoster (UMONS) et Daniel Gams Massi (Université de Douala) depuis 2024 a permis d’équiper l'Hôpital Général de Douala d'une unité neurovasculaire aiguë améliorant grandement la prise en charge des AVC.

Dans un pays où ils constituent un problème de santé publique majeur, ce développement est capital car il permet désormais de réguler strictement les paramètres vitaux et de réduire ainsi drastiquement les complications. Mais la véritable avancée réside dans l'implémentation de la thrombolyse, un traitement d’urgence visant à dissoudre un caillot sanguin dans une artère cérébrale.

Paternoster

Pour le neurologue Lionel Paternoster, « les patients arrivent bien trop tardivement pour bénéficier des traitements les plus efficaces. Cette situation est due à une combinaison de facteurs, que ce soit le trajet pour rejoindre l’hôpital, la méconnaissance des pathologies, les coûts ou les interprétations socio-culturelles ou encore croyances traditionnelles. »

A chacune de ses missions au Cameroun, il veille à communiquer et à sensibiliser la population en intervenant à la radio ou à la TV, en intervenant dans des conférences. L’enjeu d’accélérer l’arrivée des patient·s dès les premiers symptômes d’AVC vers une structure hospitalière est primordial.

« Cette prévention est capitale car l’impact sociétal des AVC est énorme au Cameroun, pays où l’hypertension est très élevée et très peu soignée. Quand un jeune fait un AVC, il perd son emploi et comme il n’y a pas de sécurité sociale, c’est toute la famille qui doit assurer sa prise en charge ».

Une approche "Win-Win" : Formation et pérennité

Le projet ne se limite pas à l'apport de matériel. Il repose avant tout sur un échange humain et scientifique profond, à chaque étape du programme de formation proposé aux personnels médicaux et paramédicaux impliqués dans la prise en charge des AVC dans à l’hôpital de Douala et aux étudiants en médecine de l’université de Douala.

« Les formations sont ciblées sur l’AVC en général, explique Lionel Paternoster, que ce soit la prévention, la prise en charge, les complications, les différentes causes et formes d’AVC et  la revalidation post-AVC. »

Paternoster   Paternoster

Ces formations s’effectuent dans le cadre d’une coopération avec l’université de Mons et le service de neurologie du CHU Helora, Hôpital de Mons, site Kennedy. Les échanges permettent d'implémenter des soins spécialisés absents à Douala, comme la logopédie ou l'ergothérapie.

Après deux ans, ces formations portent déjà leurs fruits, puisque les équipes locales ont commencé à implémenter ces nouvelles pratiques, améliorant ainsi la qualité des soins et diminuant les complications post-AVC.

« Le circuit du malade AVC a connu une amélioration significative grâce au financement de l'ARES via l'UMONS et ce projet d’amorce, explique Daniel Gams Massi. Il nous a permis d'effectuer nos deux premières thrombolyses structurées dont une qui a réussi permettant à la patiente de sortir de notre hôpital sans séquelles visibles. »

La revalidation n’est pas négligée. Les équipes du projet sont en train de développer une application téléphonique permettant aux patient·es, accompagné·es de leur famille, de réaliser des exercices à domicile. « Nous sommes aussi en contact avec les assureurs pour qu’ils intègrent bien ce traitement dans leur offre de remboursement, précise Lionel Paternoster. »

Pour le futur, les deux responsables du projet espèrent le financement d’un projet de recherche déposé à l’ARES, ce qui permettrait de renforcer la formation médicale mais d’approfondir les aspects sociologiques qui entourent les AVC au sein de la population.

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