Au Burkina Faso, la médecine traditionnelle constitue un pilier essentiel de l’accès aux soins, assurant les soins primaires de près de 80 % de la population. Conscient de cette réalité, le Ministère de la Santé a mis en place trois Centres de Médecine Traditionnelle sur le territoire. Toutefois, malgré son importance, le recours aux remèdes traditionnels à base de plantes soulève encore des enjeux majeurs en matière de sécurité des patient·es.
À ce jour, il n’existe pas de normes harmonisées encadrant la pratique de la médecine traditionnelle, ni de dispositifs suffisamment structurés pour contrôler et réglementer les produits issus de pharmacopées locales.
Dans ce contexte, le projet vise à renforcer l’intégration de la médecine traditionnelle au sein du système de santé, en améliorant à la fois son accessibilité, sa reconnaissance et son encadrement. Fondé sur une approche participative et sur la capitalisation des connaissances existantes, il entend développer des recommandations concrètes permettant d’assurer des pratiques plus sûres et mieux structurées. L’un des enjeux centraux consiste également à favoriser un dialogue durable entre les acteurs de la médecine traditionnelle et ceux de la médecine conventionnelle, afin de créer un climat de confiance propice à une collaboration effective, au bénéfice direct des populations.
Les résultats attendus permettront aux Centres de Médecine Traditionnelle de s’appuyer sur des bases renforcées pour poursuivre leur développement et leur intégration dans le système de soins de manière durable. Ce projet illustre ainsi le rôle que peut jouer la coopération académique dans la construction de réponses adaptées aux réalités locales, en mobilisant des expertises complémentaires et en soutenant des dynamiques de transformation ancrées dans les territoires.
Comme le souligne Amandine Nactergael : « Je pense que les projets se basant sur un partenariat académique international sont particulièrement enrichissants en raison de leur capacité à créer des ponts entre les savoirs et les cultures. Ils permettent de croiser les regards et de construire des approches pertinentes, directement connectées aux réalités du terrain et porteuses d’un impact concret. »
Pour approfondir ces enjeux et découvrir concrètement le travail scientifique réalisé dans le cadre de ce projet, nous avons rencontré Da Kégour. Doctorant burkinabè, il organise sa recherche entre ses deux universités, l’UMONS et l’Université Joseph Ki-Zerbo. Nous l’avons rencontré en mars 2026 à Mons.
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