Au Sénégal, la qualité des soins de santé passe aussi par l’excellence de la formation des professionnel·les. Dans cette perspective, diverses initiatives portées par la Haute École Léonard de Vinci et l’Institut Supérieur de Santé de Mbour (ISSM) visent à renforcer les compétences pédagogiques des enseignant·es en soins infirmiers et obstétricaux.
C’est l’histoire d’un partenariat qui, d’année en année, de projet en projet, ne cesse de se renforcer. Et, de cette reconnaissance professionnelle et humaine mutuelle, naissent des initiatives complémentaires de formations, particulièrement utiles au secteur de la santé au Sénégal.
Et au cœur de cette collaboration entre la HE Vinci et l’ISSM se trouve le Certificat d’aptitude pédagogique en soins infirmiers et obstétricaux (CAPSIO), développé également avec le concours du Centre Régional de Formation en Santé de Thiès et de l’Ecole Monseigneur Dione de Thiès.
Ce certificat est une réponse au taux d’échec important enregistré dans les formations d’infirmiers et sages-femmes. Il ambitionne notamment d’améliorer les résultats de certification des étudiant·es, de développer une communauté d’apprentissage à l’échelle nationale, d’enrichir les pratiques d’enseignement et de renforcer les compétences des formateur·rices.
« Il ne suffit pas d’être un excellent infirmier ou une excellente sage-femme pour enseigner, précise Jean-Paul Guyaux, coordinateur belge du projet. Il doit y avoir une identité professionnelle spécifique à l’enseignement qui est l’enjeu de ce certificat CAPSIO. »

L’objectif est donc clair : rehausser la qualité des formations et augmenter les taux de réussite aux certifications nationales. À terme, cette dynamique contribue directement à l’amélioration des soins offerts aux populations.
S’inscrivant dans la continuité de la création du CAPSIO, un projet complémentaire valorise à présent le fonctionnement du Certificat à travers plusieurs actions structurantes : évaluation continue, ajustement et promotion du programme avec l’appui des autorités académiques et sanitaires. Par ailleurs, un séminaire national de partage de bonnes pratiques a permis de rassembler les acteurs et actrices de la formation en santé autour de thématiques clés telles que l’approche par compétences, l’accompagnement des stagiaires ou encore la réussite des étudiant·es.
Enfin, le développement de référentiels pédagogiques contextualisés, en lien avec les milieux professionnels, l’accompagnement des stagiaires et novices sur les terrains professionnels ainsi que l’aide à la réussite des étudiant·es est venu soutenir durablement la qualité des formations et renforcer l’impact de cette initiative de coopération académique.
« Au terme des trois premières cohortes, explique Amadou Lo, politologue de la santé et coordinateur sénégalais du projet, le bilan est très positif. 92 enseignant·es ont été formés et tous ont affirmé avoir amélioré leur manière d’enseigner : plus grande aptitude à faire de la recherche documentaire pour mieux enrichir leurs cours, meilleur accompagnement des étudiant·es pour les accompagner vers la réussite et meilleure posture dans la production des outils pédagogiques en respectant les normes édictées. Nous observons aussi de meilleurs résultats à l’examen de certification pour les trois écoles qui ont formé l’ensemble de leur personnel enseignant au CAPSIO. »
Si l’amélioration de la qualité des soins visent avant tout le secteur de la santé au Sénégal, l’intérêt de ce projet se mesure aussi par le biais des échanges des enseignant·es et des professionnel·les de la santé entre la Belgique et le Sénégal. Les pratiques s’observent mutuellement, au point que le Sénégal pourrait lui aussi inspirer la Belgique. Amadou Lo estime en effet que la santé communautaire - une approche de la santé publique qui part du terrain et des besoins exprimés par la communauté – si présente au Sénégal pourrait tout à fait s’intégrer dans la société belge.
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Visionner le reportage sur la journée portes ouvertes du CAPSIO 2025