Les protéines, essentielles à l’alimentation humaine, représentent 10 à 20 % de l’apport énergétique.
En Afrique, les carences protéiques, particulièrement animales, persistent en raison de conflits, de problèmes économiques, de dégradation des sols et de méthodes de production inadaptées. Le poisson, riche en protéines et nutriments, constitue une source majeure de protéines animales, mais la pêche locale reste insuffisante et dépendante des importations, tandis que l’aquaculture africaine ne représente que 2,5 % de la production mondiale.
Pour répondre à ces besoins, l’intensification écologique de la production par des systèmes intégrés, tels que l’aquaponie et la technologie biofloc, offre une alternative durable. Ces techniques permettent de recycler les nutriments, réduire les effluents et améliorer la productivité tout en préservant l’environnement. Un système combinant biofloc et culture hydroponique (« flocponic ») pourrait optimiser la production de poissons et de légumes, réduire la concurrence pour les terres et l’eau et limiter la pollution.
Ce projet prend racine dans des études menées à Mbanza-Ngungu montrant les effets néfastes de l’usage excessif d’engrais et pesticides. Porté par Lydie Bambi Langa, doctorante à l’Université de Liège, il vise à évaluer et développer des systèmes agro-piscicoles adaptés aux conditions locales. Deux unités pilotes seront construites pour former étudiants et scientifiques aux technologies intégrées et sensibiliser les producteurs locaux.
En République démocratique du Congo, où le potentiel halieutique est important mais sous-exploité, ces innovations pourraient renforcer la sécurité alimentaire, créer de nouvelles filières économiques et répondre aux Objectifs de développement durable, notamment « zéro faim », « eau propre et assainissement » et « vie aquatique ». L’approche proposée combine durabilité environnementale, rentabilité économique et autonomie locale, avec l’ambition de transformer la production alimentaire en RDC.
Objectif
Le projet vise à renforcer les capacités scientifiques et techniques des universités congolaises dans la production aquacole et maraîchère intégrée, en construisant deux unités pilotes destinées à la formation des étudiants, chercheurs et producteurs locaux. Ces installations serviront également de démonstrateurs pour sensibiliser les acteurs régionaux aux avantages des systèmes associant aquaponie et biofloc, afin de produire de manière économe en eau, durable et résiliente.
À terme, la maîtrise de ces techniques innovantes permettra de diversifier les revenus des exploitations, de créer une filière locale de production intégrée poissons-légumes, d’améliorer la sécurité alimentaire et de promouvoir un modèle économique circulaire et écologique.