Gestion durable des pêches à Madagascar : un projet innovant pour préserver les récifs coralliens et soutenir les communautés locales

Renforcement des compétences en biologie de la conservation pour des espèces de poissons récifaux à Madagascar par le biais de la pisciculture et de la biotélémétrie
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La surpêche, exacerbée par la croissance démographique mondiale, exerce une pression forte sur les ressources halieutiques, particulièrement dans les régions tropicales où les récifs coralliens, essentiels à la biodiversité marine, sont menacés.

Le sud-ouest de Madagascar, riche en barrières coralliennes, fait face à une surexploitation importante due à la dépendance des populations locales à la pêche, exacerbée par la pauvreté et l’usage de techniques destructrices. Face à cette urgence, un projet de coopération scientifique est lancé pour développer des alternatives à la pêche traditionnelle, notamment par la pisciculture du Sigan cordonnier, une espèce locale très pêchée.

Ce projet vise à renforcer les capacités locales en pisciculture et écologie comportementale, via l’amélioration des infrastructures et l’utilisation de la biotélémétrie pour mieux comprendre les déplacements et la pression de pêche sur les populations. Ces efforts permettront d’évaluer l’impact du repeuplement par élevage et de proposer des mesures de gestion durable pour la préservation des ressources marines et le soutien des moyens de subsistance locaux.

Objectif

Ce projet a pour objectif principal de renforcer les capacités du partenaire malgache, l’Institut Halieutique et des Sciences Marines (IHSM), dans deux domaines clés : la pisciculture et l’écologie comportementale. D’une part, il vise à améliorer les techniques d’élevage de poissons marins, en particulier le grossissement de juvéniles de Siganus sutor capturés en milieu naturel, au sein de la station BELAZA. D’autre part, il souhaite approfondir les connaissances sur le comportement spatial de cette espèce en milieu naturel grâce à la biotélémétrie acoustique, afin de comparer les déplacements et l’occupation de l’habitat entre poissons sauvages et individus élevés en captivité puis relâchés.

Un autre objectif important est de quantifier la pression de pêche exercée par les populations locales sur ces poissons, notamment ceux issus du repeuplement.

Ces travaux doivent permettre d’évaluer l’efficacité du repeuplement comme outil de gestion durable, tout en contribuant à la formation des chercheurs locaux et à la mise en place de stratégies de conservation adaptées au contexte malgache.

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