Le laboratoire de Biologie marine de l’UMONS explore le potentiel médical des viscères de concombre de mer

Une collaboration scientifique entre la Belgique et Madagascar explore le potentiel insoupçonné des déchets issus de l’aquaculture pour en extraire des molécules bioactives aux applications médicales prometteuses.

Et si ce que l’on considère aujourd’hui comme un simple résidu devenait demain une ressource précieuse pour la santé humaine ? C’est le pari audacieux relevé par l’UMONS et ses partenaires malgaches des universités d’Antananarivo et de Toliara, dans le cadre d’un projet qui place le concombre de mer au cœur d’une recherche à la croisée de l’écologie, de l’aquaculture, de la biochimie et de la médecine.

Le laboratoire de Biologie marine de l’UMONS en collaboration avec les laboratoires de Biochimie de l’Université d’Antananarivo et l’Institut d’Halieutique et des Sciences Marines de l’Université de Toliara, travaillent à la valorisation des viscères de concombres de mer issus des déchets de l’holothuriculture à Madagascar.

L’objectif est d’identifier des composés susceptibles de présenter des propriétés intéressantes pour la recherche médicale, notamment dans la lutte contre certaines infections ou pathologies.

À Madagascar, l’élevage de concombres de mer représente une activité économique importante.

Si la peau du concombre de mer est comestible et trouve d’importants débouchés en Chine notamment, les viscères, considérés comme un déchet, sont abandonnés et rejetés en mer. Ce sont ces résidus que les chercheurs belges et malgaches entendent valoriser, en étudiant leur composition biochimique et leur potentiel biologique. Car potentiel il y a… Une fois les viscères prélevés à Toliara, ils sont lyophilisés, puis envoyés dans le laboratoire de l’Université d’Antananarivo pour diverses extractions et phases de tests afin de vérifier s’il y a des activités anti-bactériennes.

« A terme, explique Tsiry Rasamiravaka, chercheur à l’université d’Antananarivo, nous souhaitons utiliser les extraits comme remède traditionnel amélioré qui bénéficiera à toute la population malgache, car il est efficace et moins cher qu’un médicament traditionnel. Ce projet est très important car il permet le financement de ce premier laboratoire à Madagascar qui explore cette partie d’activités anti-virulence. »

Dans ce reportage vidéo, Guillaume Caulier et Tsiry Rasamiravaka expliquent comment les équipes de chercheurs tentent d'extraire des molécules bio-actives des viscères afin de les utiliser dans la recherche médicale future.

Cette approche s’inscrit dans une logique de valorisation durable des ressources marines. Elle conjugue recherche fondamentale et perspectives d’application, tout en renforçant les collaborations scientifiques Nord-Sud et en soutenant le développement local à Madagascar.

Au-delà de l’innovation scientifique, le projet met en lumière l’expertise du laboratoire de Biologie marine de l’UMONS dans l’étude et la valorisation des organismes marins, au service d’enjeux sociétaux contemporains. Il valorise également la longue expérience de l’Institut d’Halieutique et des Sciences Marines de l’Université de Toliara, institution scientifique de référence à Madagascar et dans l’océan Indien, un espace où se rencontrent l’excellence académique, l’innovation appliquée et l’engagement communautaire.


En 2026, l’IHSM fête ses 65 ans

Créé en 1961 sous le nom de Station Marine de Toliara (SMT), notre institut célèbre 65 ans d’existence, de recherche et de service à la nation. La vision reste claire et ambitieuse : contribuer à la gestion durable des ressources marines et côtières, au développement économique bleu du pays, à l’avancement de la science régionale et mondiale, et à la préservation de l’océan global — un seul océan, un seul avenir.

Pour le professeur Gildas Todinanahary, directeur de l’IHSM, «notre institut est au cœur de la recherche marine de Madagascar. Nos laboratoires couvrent un large spectre disciplinaire : aquaculture et mariculture durable, écologie récifale et restauration, phanérogames et carbone bleu, microbiologie marine, écosystèmes côtiers et grands écosystèmes marins, biotechnologie, gouvernance des pêches et sciences participatives. Ils sont aujourd’hui engagés dans des projets structurants à portée nationale et internationale : restauration des récifs et herbiers, comptes océaniques, recherche sur les plastiques et pathogènes, sécurité alimentaire par l’algoculture, infrastructures scientifiques (observatoires, stations de données), et appui aux communautés de pêcheurs. »

L’IHSM est institut enraciné dans son territoire mais ouvert sur le monde, avec notamment des partenariats privilégiés avec l’UMONS et l’ULiège. Il n’est pas seulement un centre de formation et de recherche : c’est un acteur du développement, connecté aux réalités locales, travaillant aux côtés des communautés littorales, des ONG, des collectivités, des ministères, des entreprises et des universités, pour que la science devienne un vecteur de changement concret.

  IHSM2  IHSM1

 

En savoir +

  • Découvrez le Laboratoire de Biologie des Organismes Marins et Biomimétisme de l’UMONS :  ici
  • Découvrez l'Institut Halieutique et des Sciences Marines (IH.SM) de l’Université de Toliara : ici

Lire aussi