Depuis vingt ans, l’enseignement supérieur universitaire en Afrique francophone connaît de profondes mutations, marquées par des contrastes nationaux mais aussi par des défis communs : forte pression démographique, financement limité, engorgement des filières générales, réformes inachevées, ouverture au privé et multiplication des établissements.
Malgré l’extension des missions universitaires (assurance qualité, numérique, entrepreneuriat, écoles doctorales) et l’accès à des ressources en ligne, l’adéquation entre formation et emploi reste insuffisante.
Le projet vise à documenter, par une enquête sociologique menée à Kinshasa et Yaoundé, les représentations, choix et stratégies de formation des étudiants, ainsi que leurs perspectives professionnelles, dans un contexte où les données disponibles sont rares et souvent limitées à des aspects administratifs ou statistiques.
Cette recherche, indépendante et comparative, mobilisera un réseau de chercheurs africains et européens, des assistants et des étudiants-enquêteurs, afin de produire des analyses originales, utiles aux décideurs, aux communautés scientifiques et aux organisations étudiantes.
Les résultats permettront de mieux comprendre les trajectoires et les identités de cette génération confrontée à la massification de l’enseignement supérieur et à l’incertitude du marché de l’emploi, tout en offrant une base pour de futurs projets de recherche et de coopération.
Objectifs
Le projet a pour objectif principal de comprendre comment les étudiant·es d’Afrique centrale à Kinshasa et Yaoundé accèdent à l’enseignement supérieur, choisissent leur orientation et construisent leur parcours dans un environnement marqué par de fortes contraintes économiques, institutionnelles et démographiques.
Il vise à analyser leurs motivations, leurs attentes, leurs stratégies d’adaptation et leurs projections professionnelles, en tenant compte des dimensions sociales, culturelles et de genre.
À travers des enquêtes quantitatives et qualitatives, il s’agit d’identifier les logiques qui orientent leurs choix, d’évaluer la perception qu’ils ont des réformes et innovations pédagogiques, et de mettre en lumière la diversité et la fragmentation du monde étudiant. Les résultats seront partagés avec la communauté scientifique, les acteurs institutionnels et les organisations étudiantes, afin d’alimenter les réflexions sur l’orientation, la professionnalisation et l’insertion des diplômés.
À terme, le projet entend renforcer les capacités méthodologiques des chercheur·es et préparer la mise en place d’un réseau élargi pour développer de nouvelles recherches comparatives sur l’enseignement supérieur en Afrique.
Photo : UNIKIN