A l'est de la RDC, la science comme levier de paix et de développement.

Dans l’Est de la République démocratique du Congo, des chercheuses et chercheurs congolais et belges unissent leurs expertises pour répondre à des enjeux stratégiques liés à l’exploitation des ressources naturelles. Une coopération académique qui produit des résultats concrets au service des populations et de la stabilité régionale.

La RDC concentre 80 % du coltan africain, principalement dans les provinces du Sud et du Nord Kivu. À cela s’ajoutent des ressources abondantes issues des forêts, de la terre et de l’eau. Pourtant, loin de profiter aux populations locales, cette richesse alimente depuis des décennies instabilité, conflits armés et inégalités sociales, affectant durablement l’ensemble de la région des Grands Lacs.

Transformer les ressources naturelles en moteur de développement

Pour inverser cette dynamique, investir dans la recherche, la formation, la science et la gouvernance est essentiel.

A Bukavu, l’ARES finance le projet de Philippe Lambin (UNamur) et Mac Mugumaoderha (ISP Bukavu) qui a pour objectif, à terme, de faire des ressources naturelles un levier de progrès durable. Les recherches menées par les professeurs Lambin et Mugumaoderha permettent désormais d'analyser la teneur en métaux des minerais et de déterminer leur juste valeur marchande. 

Dans ce témoignage, Mac Mugumaoderha explique comment le secteur minier doit évoluer pour apaiser les tensions générées par tous les minerais stratégiques dans l'est de la RDC.

 

Les impacts sont tangibles. Le projet a déjà permis d’améliorer la connaissance scientifique du coltan, doublant sa valeur marchande au profit des communautés locales et de l’État congolais  et de renforcer l’autonomie économique des femmes et des jeunes, notamment.

Lambin

L’impact social de l’accaparement des ressources naturelles.

Un deuxième projet coordonné par An Ansoms (UCLouvain) et Emery Mushagalusa (ISDR BUKAVU) s’intéresse à l’accaparement des ressources naturelles et son impact financier, sécuritaire et social sur les jeunes, les femmes et les populations autochtones. 

Geenen

Dès lors, la lutte contre l’accaparement de ces ressources doit de plus en plus cibler des acteurs marginaux ou périphérisés dans les débats et les actions sur l’accès aux ressources naturelles.

" Le monde d’aujourd’hui est confronté à des crises sécuritaires, sanitaires et environnementales en lien avec le changement climatique, explique An Ansoms. Et dans ces multiples crises, les domaines de la gouvernance des ressources naturelles est clé. La compétition pour accéder aux ressources naturelles ne cesse de se durcir et en même temps, le besoin de protéger ces ressources est très présent. Le projet identifie les bonnes pratiques en réfléchissant à partir des critères et des discours qui s’entrechoquent, certains soutenant l’extractivisme, d’autres la protection de l’environnement."

Le projet mise sur le renforcement des capacités de recherche et d’accompagnement pédagogique des universités, centres de recherche et partenaires de la société civile impliqués dans ce projet.

An Ansoms, Emery Mushagalusa et leurs équipes mènent également une recherche-action interdisciplinaire permettant l’analyse et la formulation de propositions de solutions aux problèmes discriminatoires des populations périphérisées.

Dans ce témoignage, dépassant le cadre de son projet, An Ansoms rappelle l’importance d’inclure les savoirs localement ancrés dans les recherches et les méthodologies innovantes issues des terrains de recherche en contexte difficile.

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Crédit Photo : Philippe Lambin - Sarah Geenen

 

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