Lutte contre les IST non virales en RDC : une approche moléculaire pour un diagnostic précis et une prise en charge améliorée

Profil épidémiologique et moléculaire des infections sexuellement transmissibles non virales en République démocratique du Congo : cas de la ville de Kinshasa
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Ce projet de recherche vise à améliorer la prise en charge des infections sexuellement transmissibles (IST) non virales en République démocratique du Congo grâce à l’introduction d’une approche de diagnostic innovante : le diagnostic moléculaire.

Actuellement, la prise en charge repose largement sur le diagnostic syndromique, basé sur l’observation de symptômes, ce qui entraîne un surtraitement, favorise la résistance aux antimicrobiens (RAM) et laisse de nombreuses infections asymptomatiques non détectées. Les IST non virales, causées notamment par Chlamydia trachomatis, Mycoplasma genitalium, Neisseria gonorrhoeae, Trichomonas vaginalis et Treponema pallidum, constituent un problème majeur de santé publique, particulièrement chez les populations clés telles que les professionnelles du sexe, les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes, les transgenres, les lesbiennes, les personnes vivant avec le VIH, ainsi que les femmes enceintes.

Hayette

Ces infections peuvent avoir de graves conséquences sur la santé reproductive, la grossesse et la santé néonatale, tout en augmentant le risque d’acquisition du VIH. Le projet ciblera prioritairement les populations clés de Kinshasa avant un élargissement à la population générale. Il comprend la mise en place d’analyses moléculaires et sérologiques, le développement de tests PCR adaptés à la RDC, ainsi que des actions de sensibilisation, dépistage et traitement.

Parallèlement, il renforcera les capacités techniques et scientifiques des institutions partenaires au Nord et au Sud, tout en favorisant de nouveaux partenariats Sud-Sud.

Les résultats obtenus alimenteront de futures initiatives de recherche et de développement pour une prise en charge plus efficace des IST non virales dans le pays.

Objectif

L’objectif général de ce projet est de réduire la prévalence des infections sexuellement transmissibles non virales et leurs conséquences sanitaires, tout en limitant la résistance aux antimicrobiens liée au surtraitement.

Pour y parvenir, l’étude mettra en œuvre le diagnostic moléculaire, permettant d’identifier avec précision les agents pathogènes responsables ainsi que leurs éventuelles mutations associées à la résistance. Elle cherchera également à déterminer la prévalence réelle de ces infections dans les populations ciblées et à évaluer les connaissances, attitudes et pratiques des participants à travers des actions de sensibilisation.

Par ailleurs, le projet développera des tests PCR adaptés aux contraintes techniques de la République démocratique du Congo, renforcera les compétences des acteurs locaux dans le domaine de la biologie moléculaire et favorisera les partenariats scientifiques Nord-Sud et Sud-Sud.

L’ensemble de ces actions vise à fournir des données fiables et à promouvoir des stratégies de prise en charge plus efficaces, intégrées et durables pour la lutte contre les IST non virales dans le pays.

Hayette

Pour les deux responsables du projet, Marie-Pierre Hayette et Dieudonné Mvumbi Makaba, "le projet, innovant et multidisciplinaire, fournira des données scientifiques essentielles sur les IST non virales, un problème de santé publique majeur dans les pays à systèmes de santé fragiles tels que la RD Congo. Sur le plan communautaire, vu le caractère sensible des IST, sujet insuffisamment discuté en Afrique subsaharienne, le projet contribuera à réduire le déficit d’information et à améliorer la prise en charge. Enfin, d'un point de vue scientifique, le projet aura impact majeur sur la production scientifique, le système de santé congolais et la dynamique de recherche régionale. Il contribuera durablement à l’amélioration de la prise en charge des IST en RDC."

Photos : Ruth Yanga

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