Le projet de valorisation s’inscrit dans la continuité du programme Amorce KinPrEP (2023-2025), qui avait pour but d’explorer la faisabilité d’une utilisation préventive de la PrEP (prophylaxie pré-exposition) face au VIH parmi les personnes migrantes.
En République démocratique du Congo, pays à la fois d’émigration et d’immigration, la mobilité est associée à des vulnérabilités accrues : violences sexuelles et de genre, rupture de soins, conditions précaires de transit ou d’accueil.
Pourtant, les migrants et les migrantes ne sont pas officiellement reconnu·es comme « population clé » pouvant bénéficier de la PrEP, contrairement aux hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes, aux travailleuses du sexe, aux personnes transgenres ou aux usagers de drogues.
À partir de ce constat, le projet a progressivement élargi son approche, étudiant les pratiques de mobilité des populations clés à Kinshasa (HSH et TDS) afin de comprendre leur exposition au VIH, leur perception du risque et leur accès aux soins. En parallèle, il a permis la mise en place d’un bureau d’expertise au sein de l’Université de Kinshasa (UNIKIN), renforçant les capacités locales en recherche sur les maladies infectieuses.
Ce projet vise désormais à prolonger ces acquis en consolidant les liens entre universités, ONG et acteurs de santé, tout en inscrivant les résultats dans une perspective transnationale.
Objectifs
Le projet de valorisation vise à renforcer la recherche et la prévention autour du VIH et de la PrEP.
Il prévoit d’abord de consolider les capacités de l’UNIKIN grâce à la mise en place d’un séminaire de formation destiné aux jeunes chercheurs, afin de développer leurs compétences en analyse de données et en rédaction scientifique.
Parallèlement, il entend diffuser largement les résultats obtenus auprès des communautés académiques congolaises notamment à Kinshasa, Lubumbashi et Bukavu mais aussi dans d’autres pays partenaires de l’ARES comme le Sénégal et le Maroc, où les enjeux liés aux migrations et à la prévention du VIH sont également cruciaux.
Le projet prévoit aussi de sensibiliser et de former les étudiants en médecine aux nouveaux outils de prévention, en particulier la PrEP, et d’explorer la faisabilité d’un master interdisciplinaire consacré à la santé et aux migrations.
En outre, il associe directement les acteurs de la lutte contre le VIH, qu’il s’agisse des programmes nationaux ou des ONG locales et internationales, dans une réflexion commune sur la prévention des populations migrantes à travers une approche transnationale.
Enfin, le projet ambitionne de renforcer les compétences des prestataires de soins infirmiers et médecins en diffusant les connaissances scientifiques acquises tout en intégrant les savoirs pratiques issus du terrain, afin de garantir une meilleure prise en charge et une prévention plus efficace.