A Tuléar au sud de Madagascar, l’UMONS crée un Espace des savoirs dédié à la vulgarisation scientifique à destination des jeunes enfants.

Soutenu par l’UMONS et l’Université de Tuléar, ce microprojet vise à créer un lieu structurant propice à la diffusion des sciences auprès des plus jeunes et, progressivement, à professionnaliser la vulgarisation à Madagascar. 

Tous sont mobilisés derrière ce projet ambitieux de transmission et de vulgarisation du savoir… Que ce soit les autorités académiques des deux universités mais aussi les chercheur·es, les étudiant·es et les doctorant·es ou encore les équipes de médiation scientifique du Musée de l’Université de Mons (MUMONS) et de l’ONG Bel Avenir (Tuléar), tous adhèrent à l’idée que la vulgarisation scientifique ne doit être pas un luxe dans un pays à la biodiversité aussi riche.

Leur ambition est donc de nourrir la curiosité des enfants malgaches âgés de 6 à 12 ans, au travers d’activités ludiques de vulgarisation scientifique de qualité, animées par des enseignants, doctorants et étudiants en master de l’Université de Toliara dans une démarche de pédagogie active.

UDEMA - UMONS

Ce microprojet « Espace de savoirs » financé par l’ARES s’inscrit dans une volonté profonde de transmettre autrement, de façonner les esprits jeunes avec bienveillance et ambition, et de créer des passerelles durables entre le monde académique, les familles et les communautés d’horizons sociaux-culturels étendus.

Inspiré d'initiatives similaires vues en Suisse et en Belgique, l’Espace des savoirs sera intégré au sein de l’Université des Enfants de Madagascar (UDEMA) qui, depuis quelques années, organisent des activités de vulgarisation, sous la forme de conférences jeune-public, d'ateliers ou de moments d’échanges.

Guillaume Caulier, docteur en biologie à l’UMONS, fait des missions scientifiques régulières à Tuléar dans le cadre de ses recherches en aquaculture et en holothuriculture.

 « Je me suis rendu compte que je venais en mission à Madagascar mais que j’étais très peu en contact avec la population malgache, explique-t-il. L’idée m’est venue de sensibiliser les communautés de pêcheurs et, notamment les enfants, via des petites conférences, accessibles et ludiques, comme je le fais à l’Université des enfants à Mons. C’est ainsi que nous avons commencé à collaborer avec les écoles de Tuléar.»

Cet "Espace des savoirs", conçu avec Glidas Todinanahary son partenaire de l’Institut halieutique et des sciences marine (IHSM), est conçu comme un espace modulaire, cosy et sécurisé pour les enfants et équipé de mobilier à roulettes pour faciliter les déplacements, d'une petite bibliothèque et de matériel de projection.

« Cet espace doit favoriser l’éveil de l’esprit critique et doit permettre la manipulation d’outils scientifiques simples. Mais au-delà du matériel, nous considérons que l’essentiel est de pouvoir échanger et dialoguer avec les enfants. Plusieurs sujets ont déjà été explorés via des ateliers pratiques. Nous avons travaillé sur l'extraction d'ADN de fruits (bananes ou kiwis), nous avons réfléchi à la flottabilité des bateaux à l'aide de bouteilles et de bouchons de stylo ou encore nous avons appris à naviguer sans boussole. Les jeunes de Tuléar sont très à l’aise pour se repérer les points cardinaux !»

Avec ce projet, Guillaume Caulier et Glidas Todinanahary souhaitent démocratiser l'accès à la science pour des populations qui y ont peu accès et montrer que la science peut se faire avec très peu de moyens.

« Je crois qu’il est possible de faire de la vulgarisation à tous les âges, poursuit Guillaume Caulier. Il est super important de comprendre le monde dans lequel on vit. Et pour les enfants, souvent très ouverts à la vulgarisation scientifique, cela ouvre le monde de possible. Dans le futur, non seulement cela va leur donner une envie de vivre mais ça va surtout leur permettre de répondre aux questions du monde dans lequel ils vivent.»

UDEMA - UMONS

Très actif au sein du laboratoire de Biologie des Organismes Marins et Biomimétisme de l'UMONS, Guillaume Caulier insiste pour que les étudiant·es de master et les doctorant·es s’impliquent dans des activités de vulgarisation. Il leur demande de concevoir et d'animer eux-mêmes des ateliers pour l'Université des Enfants. Cette mise en situation concrète est considérée comme un exercice de maturation qui les aide à mieux maîtriser leur propre sujet de recherche en le simplifiant pour un jeune public.

« Pour eux, expliquer leurs recherches à des enfants est un exercice qui les aide à mieux maîtriser leur sujet et à sortir d'un certain "élitisme" académique. Faire percoler le savoir vers tout le monde et c'est du win-win dans tous les sens. Ça rend la société plus résiliente de manière globale. »

UDEMA - UMONS

En février et mars 2026, le laboratoire a aussi accueilli les partenaires malgaches à l’UMONS. Trois biologistes marines de l’Université de Tuléar ont eu des réunions de travail avec les responsables des Universités des enfants de Mons, de Charleroi et de Bruxelles. Elles ont aussi visité plusieurs musées pour découvrir les approches muséographiques et pédagogiques mises en place pour capter le public. Autant de sources d’inspiration pour donner vie à l'Espace des savoirs de l’Université des Enfants de Madagascar et à son développement.

« La formation d'une équipe locale est notre priorité. Une coordinatrice malgache a été recrutée grâce à des fonds de l'Université de Mons. Mais l'UDEMA compte aussi sur le vivier des chercheur·es belges et malgaches pour porter le projet et le développer dans d’autres parties de l’île. Pour tous ces encadrant·es, cette capacité à traduire des savoirs complexes vers des publics non spécialistes est un moyen important de renforcer le lien entre la science, l’éducation et la société. »

Photos : UMONS et Télé MB

En savoir + 

  • Visionner la capsule vidéo sur l'UDEMA : ici 
  • Visionner le reportage de Télé MB sur la visite des partenaires malgaches à l'UMONS : ici 

 

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