La chenille légionnaire d’automne, Spodoptera frugiperda, est un ravageur invasif apparu en Afrique en 2016 qui menace gravement la production de maïs, culture essentielle pour la sécurité alimentaire en République démocratique du Congo.
Au Sud-Kivu, région agricole clé, sa propagation a entraîné des pertes de rendement importantes, aggravant l’insécurité alimentaire et économique des petits exploitants. Les méthodes de lutte actuelles reposent sur l’usage massif d’insecticides chimiques, coûteux, souvent non homologués et dangereux pour la santé humaine et l’environnement.
Face à cette impasse, le recours à des biopesticides à base de champignons entomopathogènes apparaît comme une alternative durable, efficace et respectueuse de l’écosystème.
C’est dans ce contexte qu’est né le projet BioFungi, fruit des travaux de recherche doctorale de Marcellin Cokola. Sa thèse a permis d’isoler et de caractériser plusieurs champignons entomopathogènes capables d’infecter naturellement la chenille légionnaire dans l’est de la RDC.
Testés au laboratoire à Gembloux, ces isolats – notamment de Beauveria bassiana et Metarhizium rileyi – ont démontré une efficacité prometteuse, avec des taux de mortalité dépassant parfois 70 % chez les larves.
Le projet vise désormais à transformer ces résultats scientifiques en solutions pratiques pour les agriculteurs du Sud-Kivu, en construisant un pont entre recherche académique, besoins des communautés rurales et pratiques agricoles durables.