Former des expert·e·s en cybersécurité pour accompagner la stabilité numérique au Cameroun

Dans un contexte mondial marqué par une digitalisation croissante des services, la cybersécurité s’impose comme un enjeu clé pour les États. Au Cameroun, cette transformation s’inscrit dans une dynamique de développement socio-économique et technologique, notamment à travers le « Plan stratégique Cameroun numérique 2020 », qui intègre pleinement l’économie numérique parmi les priorités de croissance du pays.

Cette évolution rapide des usages numériques ouvre toutefois de nouvelles perspectives, tout en faisant émerger des besoins importants en matière de sécurisation des systèmes d’information. Entre digitalisation des services publics, développement des entreprises technologiques et expansion des communications numériques, les enjeux liés à la protection des données et des infrastructures deviennent centraux.

C’est dans ce contexte qu’est développé, à l’Université de Bamenda, cet ambitieux projet de formation en cybersécurité. Sur financement de l’ARES, il est mené en collaboration avec des partenaires académiques belges, dont l’Université libre de Bruxelles. L’objectif est clair : contribuer à la formation d’une expertise locale capable d’accompagner durablement le développement numérique du pays.

Petit

Une formation complète, entre professionnalisation et recherche

Le programme s’articule autour de deux volets complémentaires. D’une part, un master professionnel, destiné à former des profils directement opérationnels, capables d’intégrer rapidement les entreprises, les institutions publiques ou encore les organisations actives dans le numérique. D’autre part, un master à orientation recherche, qui prépare les étudiant·e·s à poursuivre un doctorat et à contribuer au développement des connaissances dans le domaine.

« L’idée est de répondre à un besoin concret, tout en construisant une expertise sur le long terme », expliquent Christophe Petit (ULB) et Emmanuel Fouotsa (Université de Bamenda).

Les contenus abordés couvrent des domaines clés tels que la cryptographie, la sécurité des systèmes informatiques ou encore les mathématiques appliquées à la cybersécurité. Le programme s’adresse principalement à des étudiant·e·s issu·e·s de formations en mathématiques, informatique ou disciplines connexes.

Au-delà du master, un programme doctoral permet également de former des chercheur·euse·s capables de contribuer à l’innovation dans le secteur. Plusieurs doctorant·es bénéficient déjà de collaborations internationales, notamment avec des universités belges, renforçant ainsi les échanges scientifiques.

Petit

Un projet ancré dans la coopération et l’ouverture internationale

Le projet se distingue par sa forte dimension collaborative. Des enseignant·es et chercheur·euse·s issus de différents pays notamment de Belgique, de France, d’Allemagne ou encore d’Afrique du Sud interviennent dans la formation aux côtés des équipes locales.

Ce modèle favorise un transfert progressif de compétences : les cours dispensés par des expert·e·s internationaux·ales sont suivis et progressivement repris par des enseignant·es camerounais·es ou des doctorant·e·s formé·e·s dans le cadre du projet. Ce mécanisme contribue à assurer la pérennité du programme au-delà des financements initiaux.

Le master attire par ailleurs des étudiant·es de différentes régions d’Afrique, renforçant son rayonnement régional et son caractère international. Cette diversité constitue un véritable atout, tant pour les échanges académiques que pour la construction de réseaux professionnels.

Structurer une expertise durable au service du développement

L’un des éléments clés du projet réside dans la création d’un centre dédié à la cybersécurité au sein de l’Université de Bamenda. Ce centre, reconnu et soutenu par les autorités universitaires et nationales, constitue un véritable pôle d’excellence dans le domaine.

Il permet non seulement de structurer les activités d’enseignement et de recherche, mais aussi de renforcer les liens avec les institutions publiques, les entreprises et les acteurs du numérique. Cette ouverture facilite l’ancrage du programme dans les réalités du terrain et favorise les perspectives d’insertion professionnelle des diplômé·es.

À terme, l’ambition est de consolider cette dynamique en renforçant encore les capacités locales, notamment à travers le recrutement d’enseignant·e·s dédié·e·s et le développement de financements nationaux pour soutenir les bourses étudiantes.

Une contribution concrète à la stabilité numérique

En formant chaque année plusieurs dizaines d’étudiant·es, le programme contribue progressivement à combler le besoin en compétences spécialisées dans le pays. Les diplômé·es sont appelé·es à jouer un rôle clé dans la sécurisation des infrastructures numériques, que ce soit au sein des entreprises, des administrations publiques ou à travers des initiatives entrepreneuriales.

Au-delà des aspects techniques, cette initiative participe plus largement à la stabilité et à la résilience du pays dans un environnement numérique en constante évolution. En renforçant les capacités locales et en soutenant le développement d’une expertise durable, elle s’inscrit pleinement dans les objectifs de développement à long terme du Cameroun.

Petit

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